lundi 23 mars 2020

Point sur la pandémie COVID-19

Nous mettons à disposition les tables mises à jour (presque) quotidiennement. Pour des analyses politiques, consulter la librairie Tropiques. On pourra également consulter les informations de l'IHU Méditerranée-Infection ainsi que leur chaîne youtube qui contient entre autres les conférences du Professeur Didier Raoult.

Dernière mise à jour le 8 avril 2020.

Point sur la situation en France :

Les courbes du nombre de cas par jour sont irrégulières sauf si on les moyennise sur 6 jours. La situation a été stabilisée et la France a entamé la descente.
Comme les données publiées sur les décès mélangent différents types de données dont certaines ont des dates qui ne correspondent pas à la date réelle des décès, nous ne les publions pas car elles ne sont pas représentatives de la dynamique et n'indiquent rien de concret.

Point sur la situation en Italie :


L'italie a stabilisé l'épidémie vers le 21 mars et a bien entamé la descente du nombre de cas journalier. Cependant on voit sur la courbe du nombre de cas moyenné sur 6 jours que la décroissance est plus lente que la croissance.

Point sur la situation en Belgique :

La courbe du nombre de cas par jour moyennée sur 6 jours montre une stabilité depuis le 29 mars mais ne diminue pas. 
Comme les données publiées sur les décès mélangent différents types de données dont certaines ont des dates qui ne correspondent pas à la date réelle des décès, nous ne les publions pas car elles ne sont pas représentatives de la dynamique et n'indiquent rien de concret. 

Pour finir, voici un petit tableau comparatif de différents pays.


Les vieilles démocraties capitalistes montrent les plus hauts et (donc) mauvais scores en termes de pourcentages de cas rapportés à la population nationale, ainsi que la plus haute létalité, ce qui s'explique par deux facteurs : 1° parce que ces pays sont en pénurie de matériel de dépistage et que le nombre de cas réels est bien supérieur au nombre de cas connus, ce qui augmente artificiellement ce taux et 2° parce que leurs systèmes de santé sont complètement saturés et qu'ils ne peuvent pas soigner tous les malades, ce qui augmente la mortalité. Les français montrent une fois de plus leur panache en remportant le plus haut taux de létalité. Au contraire, la Corée du Sud qui a eu une politique massive de dépistage, affiche un taux de létalité beaucoup plus faible et probablement plus proche du taux de létalité réel de l'infection qui doit se situer à moins de 1% dans des conditions normales de soin.
Notons que les USA semblent avoir un relativement bon score en termes de létalité mais ils ne sont qu'aux début de la pandémie et ce score va être amené à se dégrader rapidement lorsque les hôpitaux seront saturés.
Si on en croit les chiffres du Venezuela, qui a déjà maîtrisé l'épidémie, c'est ce pays qui semble le mieux avoir empêché le virus de se propager dans la population nationale. 
Cuba n'a pas encore maîtrisé l'épidémie, il faudra donc faire des mises à jour.

Tendanciellement on constate que les vieilles démocraties capitalistes en voie de désindustrialisation (USA, Belgique, France, Italie) sont celles qui gèrent le plus mal la crise épidémique, alors que les nations socialistes (Chine, Cuba, Venezuela) ou capitalistes en cours d'industrialisation (Corée du Sud) sont celles qui maîtrisent le mieux l'épidémie. Pour élever cette hypothèse vraisemblable à une affirmation vraie il faudra l'étendre à toutes les nations une fois la crise terminée.



dimanche 10 mars 2019

Hommage à Jean Guillou (1930 - 2019)

Le 26 janvier dernier, un des plus grands organistes de l'histoire s'est éteint.

Les bipèdes ailés rendent hommage au grand maître de l'orgue que fut Jean Victor Arthur Guillou. Fulgurance et liberté résument à elles seules la musique et l'homme qu'était Maître Jean Guillou. Organiste, pianiste, compositeur, écrivain, concepteur d'orgues, pédagogue, le Maître était le musicien total.



Regards
Des esprits se scrutent depuis les invisibles.
L'un jaillit de l'éclair, du nuage indicible.
D'un tremblement, l'autre surgit des profondeurs.
Lorsque cela s’apaise, laisse entendre une rumeur :
Des muses célestes chantent et ailent l'Esprit.





Improvisations
Les chants croisés des muses fulgurantes
Expriment tout haut le rêve divin
Inconscient du feu sombre et grondant
Montant tranquillement, puis soudainement
Deux brasiers se disputent, alors qu'ils furent amants
Puis, dans un foudroiement contondant,
Les brisures des esprits sylvains
Se rejoignent dans une explosion déferlante.


Dans l'un de ses derniers concerts, cet éternel enfant de 88 ans s'exprimait, cette fois-ci, au piano.



mercredi 27 février 2019

Esquisse d'une critique de l'idéologie française - Premier moment : subjectivisme vitaliste.


[Note des bipèdes ailés : image grâcieusement volée à la camarade Obuscane.]

Préface à la première édition



Nous autres, bipèdes ailés, sommes fiers de vous présenter enfin ce texte que nous avions promis à certains d'entre vous depuis maintenant beaucoup trop longtemps. Les contradictions matérielles de notre vie, ainsi que la richesse intrinsèque du sujet, nous ont considérablement retardé.

Ce texte présente une esquisse de la critique de l'idéologie française. Nous  nous étions proposés de traiter ses trois moments constitutifs : le subjectivisme vitaliste, le positivisme abstrait, et certaines synthèses ratées des deux qui infestent le champ idéologique (Bernard Bourgeois appellerait ce moment "l'intersubjectivisme"). Nous présentons ici le premier des trois moments : subjectivisme vitaliste. Nous allons bientôt commencer à étudier le second moment.

Étant de convaincus humanistes, les bipèdes ailés postulent profondément que tout esprit humain peut - et doit - accéder au savoir objectif. Nous nous sommes efforcés de rédiger ce texte dans la langue la plus claire et distincte possible. Nous nous sommes efforcés d'expliquer chaque terme technique nécessaire à la compréhension du texte. Si vous ne parvenez pas à comprendre certains passages, nous en portons l'entière responsabilité, et sommes à votre entière disposition pour expliciter tout ce qui sera nécessaire, quitte à réviser le texte pour le rendre plus intelligible.

Nous sommes bien évidemment ouvert à la critique, notamment venant de nos vieux maîtres cités dans l'incipit. Ce texte prétend servir de base de travail pour ouvrir une discussion que nous souhaitons la plus riche possible. Cependant, comme écrivit Marx en 1867 en préfaçant le Capital :
Tout jugement inspiré par une critique scientifique sera pour moi le bienvenu. Face aux préjugés de l'"opinion publique", à laquelle je n'ai jamais fait de concessions, je continue à faire mienne la devise du grand Florentin :
Segui il tuo corso, et lascia dir le genti

(Va ton chemin et laisse dire les gens !)
Malgré l'aide considérable de camarades qui eurent la patience de lire et relire les brouillons, nous sommes les seuls responsables des éventuelles coquilles et nous remercions d'avance le lecteur attentif de nous signaler celles qu'il débusque.

Nous joignons également à ce texte une image qui schématise notre conception du vocabulaire de base de l'ontologie. Ce schéma, parce que schéma, est incomplet. Il faudrait aussi représenter son évolution dans le temps de façon historique, ainsi que les "choses" peuvent également être d'autres sujets qui interagissent entre eux, que le réel concret est la totalité historico-géographique, etc. etc. Bref il nous faudrait un espace de dimension infinie pour tout représenter, car il ne s'agit ici que de la projection en dimension deux et restreinte à l'interaction entre un sujet pensant et un objet à un instant donné. Le but de ce schéma est de servir de dictionnaire visuel et d'aide-mémoire dans le cas où le lecteur serait perdu dans des phrases trop techniques.

Incipit

    Nous autres, bipèdes ailés, dédions d'abord ce texte à nos vieux maîtres qui ne cessent d'inspirer notre pensée avec une si grande générosité et un irréductible (et parfois réfractaire) humanisme : Bernard Friot, Dominique Pagani, Dominique Mazuet, Bernard Bourgeois. Chers maîtres, nous nous excusons par avance des erreurs présentes dans ce texte, mais nous en appelons d'avance à votre sévérité pédagogique envers des amateurs comme nous autres qui, philosophiquement, viennent à peine de naître.

    Nous sommes par ailleurs et avant tout infiniment redevables à nos ennemis qui furent la source d'inspiration négative principale de ce texte. Tout dialecticien sait à quel point le rôle de la négation importe dans chaque processus en mouvement.

    Les autres sources positives, non nommés (niées ?) ici, savent.

[Note des bipèdes ailés : l'article étant très long, le processus de production du fichier html adéquat est en cours. Pour le moment, un pdf de l'article est téléchargeable ici :]
Esquisse d'une critique de l'idéologie française.

dimanche 3 février 2019

Que faire ? Que lire ? (2) Sur l'oeuvre de Marx et Engels

     Tout comme dans un article précédent, nous présentons ici une bibliographie synthétique sur l'oeuvre de Marx et Engels, permettant de faire un tour d'horizon de la méthode de pensée dont ils sont les fondateurs. Cette bibliographie fit suite à une causerie organisée par les bipèdes dans un esprit d'éducation populaire. L'objet était de proposer une synthèse du système philosophique développé par Marx et Engels, à savoir, de quoi le matérialisme dialectique et historique est le nom. Un article détaillé à ce sujet paraîtra sur les bipèdes dans quelques temps. En guise de prélude, en voici une bibliographie. Ici nous n'aborderons que l’œuvre de Marx et Engels. Il ne sera pas questions de leurs continuateurs revendiqués, ni de leurs contradicteurs, ni de leur prédécesseurs.

     Marx et Engels ont toujours eu un souci de clarté et de pédagogie dans leur système d'exposition, en tant que communistes et humanistes, ils ont postulé que tout esprit normalement constitué est à même de s'élever à un très haut degré de perfection dans le savoir théorique, à condition qu'on prenne le temps d'expliquer, et qu'on explique clairement. À ce titre, ils ont rédigé divers ouvrages plus ou moins longs, mais tous compréhensibles par un esprit normalement constitué, et sans prérequis préalables.
Ce par quoi nous recommandons de commencer :
     Marx : Salaires, prix, profits. C'est un résumé du Capital par Marx lui-même. En une centaine de pages, vous avez là un condensé de théorie économique expliqué avec une simplicité et une clarté que nous n'avons jamais vues nulle part ailleurs. Ce texte a été rédigé pour être lu par des ouvriers qui manquent de temps et qui n'ont aucune formation théorique. Vous y trouverez notamment : un condensé de la théorie de la valeur économique, du processus d'exploitation capitaliste, et une très brève ébauche des contradictions de ce processus d'exploitation. Dans ces cent pages il y a infiniment plus d'informations pertinentes que dans la plupart des gros livres d'économie qui paraissent aujourd'hui (et qui par ailleurs sont rédigés volontairement dans un langage incompréhensibles). Cela vous épargnera des centaines d'heures d'errance dans de mauvais ouvrages d'économie. Cela devrait aussi vous mettre en appétit pour la lecture du Capital où toutes les notions de Salaire, prix, profit sont abordées dans le détail.
     
     Marx : Préface de la Contribution à la critique de l'économie politique. Le marxisme résumé par Marx lui-même, en quelques paragraphes. C'est le texte qui contient le plus de marxisme en le moins de lignes. Il explique comment entrent en rapport les cinq "étages" du monde social que nous avons développé dans l'exposé : 1- les forces productives, 2- les rapports de production. La synthèse des deux étant le mode de production, l'infrastructure, base du monde social, sur laquelle s'élève l'hyperstructure : 3- les formes juridiques, ou l'État, qui encadre le mode de production, 4- les formes idéologiques, ou l'idéologie dominante qui se forme dans les esprits, et enfin 5- les formes spirituelles, religieuses, et artistiques. Vous pouvez trouver ce texte ici : https://www.marxists.org/francais/marx/works/1859/01/km18590100b.htm
     
     Engels : Feuerbach et l'aboutissement de l'idéologie allemande. Dans cette toute petite brochure, elle aussi de moins de 100 pages, Engels aborde de façon ultra synthétique et pédagogique les aspects philosophiques du marxisme. Tout en rendant hommage à l'idéalisme allemand, notamment à Hegel, il se pose en s'y opposant, et en y opposant le matérialisme. Il explique la généalogie de l'idéalisme et du matérialisme et leurs rapports dialectique dans l'histoire de la philosophie. Il aborde aussi la dialectique, de façon très synthétique.
     
     Engels : socialisme utopique et socialisme scientifique. Dans ce livre, Engels raconte la généalogie historique du socialisme et du communiste. Les prémisses du communisme étaient le fait d'idéalistes qui avaient des "projets de société", au début du XIXème siècle. Il leur rend hommage, car notamment, Owen, fut l'inventeur du "communisme". Mais ensuite il explique comment une analyse scientifique du monde social peut mener de façon beaucoup plus efficiente vers un socialisme réel. Bien entendu, il explique ce qu'il entend par "analyse scientifique", et donc élabore aussi une synthèse du matérialisme dialectique que nous avons exposé dans la causerie sur ce sujet.
     
     Engels : Anti-Dühring. C'est l'exposé le plus exhaustif et complet du marxisme que nous connaissons. Le texte est un peu long (plus de 300 pages) mais très agréable voire amusant à lire, car il élabore sa synthèse du marxisme à partir de la critique d'un philosophe, E. Dühring. Et il ne lui fait pas de cadeaux, parfois c'est très salé. Malheureusement, ce livre n'est plus édité depuis assez longtemps, il vous faudra vous le procurer d'occasion. Dans ce livre, tous les sujets de la causerie que nous avons animée dimanche sont abordés : philosophie de la nature (physique fondamentale, astronomie, chimie, biologie, mathématiques), philosophie du droit (théorie de la violence, théorie de l'égalité et de la liberté, théorie de l'État), ainsi que les lois de la dialectiques. Il n'en énumère explicitement que deux (quantité/qualité, négation de la négation), mais toute la philosophie de la nature précédemment citée développe la première et la deuxième loi : "le mouvement est le mode d'existence de la matière", ainsi que le principe des actions réciproques. Ensuite, une théorie de l'économie politique est abordée (elle a été rédigée par Marx). Théorie de la valeur, processus d'extorsion capitaliste, contradictions du capitalisme, révolution sociale nécessaire. Une dernière partie parle de socialisme et de communisme. 
     
     Marx : le Capital. Son oeuvre majeure. Alors oui, c'est un gros livre, avec les trois livres réunis il y en a pour plusieurs milliers de pages. Mais nous en recommandons malgré cela la lecture. Nous recommandons de lire "salaire, prix, profits" avant le Capital, mais il n'y a besoin d'aucun préalable. La langue employée par Marx est claire, et il n'y a aucun prérequis pour attaquer ce livre. Quand nous aurons fini le livre 1, nous donnerons un exposé sur le Capital, il y a énormément à dire sur ce merveilleux livre. Mais n'ayez pas peur de la taille, vous pouvez le lire en plusieurs fois, en plusieurs années, en faisant des pauses. 
    La méthode dialectique utilisée par Marx dans le Capital en fait un livre palpitant. Marx pose un concept, en dévoile les contradictions, et résout ces contradictions en posant un autre concept. La lecture exige donc un esprit inventif et voyageur. Ce qui n'enlève rien au caractère rigoureux et scientifique de l'ouvrage - au contraire.
     
     Engels : Origines de la famille, de la propriété privée et de l'État. Livre assez volumineux, universitaire, et difficile à lire. Engels tente une énorme synthèse historique voire préhistorique de la généalogie des formes modernes de la famille, de la propriété privée et de l'État. Il analyse notamment la généalogie de la domination masculine, et c'est dans ce livre (comme presque dans tous les autres) qu'il affirme que l'état d'émancipation d'un peuple se mesure au degré d'émancipation des femmes. Sauf que dans ce livre il apporte des arguments matérialistes et scientifiques à cette affirmation. Alexandra Kollontaï, révolutionnaire marxiste et féministe russe, s’inspirera énormément de ces travaux pionniers pour prolonger le travail de généalogie des familles. On comprend ici, entre autres, que le modèle du couple exclusif, comme toute chose, suit la première loi de la dialectique : il a un début, un milieu, et une fin qui est de plus en plus proche. La question à poser (mais je m'égare un peu ici) est : quel sera le mode de vie affectif et familial de la société communiste ? Certainement pas le couple exclusif... Mais les bipèdes ou d'autres camarades développerons ce thème dans une causerie ultérieure (prévue pour 2025 approximativement)
     
     Avant de passer à la vidéographie, nous concluons par trois conseils. Premier conseil : lisez l’œuvre de Marx et d'Engels. Lire un seul livre de Marx et Engels vaut mieux que toutes les synthèses sur Marx et Engels, la nôtre comprise. Les commentaires ou synthèses de Marx-Engels sont supposées éclairer la lecture de Marx et Engels, en aucun cas la remplacer. Deuxième conseil : lisez l’œuvre de Marx et d'Engels. Troisième conseil : lisez l’œuvre de Marx et d'Engels.
    
     Quelques vidéos de synthèses du marxisme dont nous nous sommes inspiré pour cette causerie. Jean Salem (1952-2018) fut un grand vulgarisateur, au sens noble et marxiste du terme, du marxisme. Il fut le fondateur du séminaire "Marx au XXIème siècle" (voir plus bas)
     Le matérialisme de Marx par Jean Salem : https://vimeo.com/120182201 
     Les bases du marxisme, par Jean Salem : https://vimeo.com/64840273
     L'oeuvre de Marx : https://vimeo.com/141404296
     Les manuscrits de 1944 : https://vimeo.com/77894942
     
     Pourquoi et comment lire le Capital, aujourd'hui ? par Alain Bihr : https://vimeo.com/81428533
     Excellente synthèse des quatre livres du capital, ça donne un tour d'horizon très efficace pour aborder l'oeuvre.
     
     Pour aller plus loin : le site des "films de l'an deux", support audiovisuel du séminaire "Marx au XXIème siècle". https://lesfilmsdelan2.org/les-conf%C3%A9rences
     Il y a des dizaines d'heures de séminaires.... Avec ça vous pouvez jeter Netflix à la poubelle. 

mardi 11 décembre 2018

Un peu de propagande...


Lire l'article en pdf.

Lundi 10 décembre, Emmanuel Macron s'est exprimé à la télévision. Il a proposé des mesures en espérant faire croire qu'elles seraient suffisantes pour les gilets jaunes.

Loin d'être suffisantes, nous entendons expliquer en quoi les promesses de Macron ne font qu'aggraver la situation du peuple travailleur de France.


1- Population concernée

D'abord, remarquons qu'une partie considérable de la population n'est pas concernée par les mesures annoncées par Macron. Les chômeurs, les salariés à temps partiel, les gens à salaire légèrement plus haut que le SMIC, les retraités dont le salaire reste gelé, restent assujettis à la hausse de la CSG, ne verront pas leurs conditions de travail et de vie s'améliorer. Les miettes qu'a promises Macron à quelques uns ont pour but de diviser le salariat en donnant des micro-avantages à quelques uns. De plus ces prétendus avantages ne sont que de la poudre aux yeux, comme nous allons le voir.

Pour améliorer les conditions de travail de toutes les classes populaires, nous exigeons que le chômage soit un droit sans conditions à la poursuite du salaire entre deux emplois jusqu’à ce que l’emploi suivant atteigne au moins l’ancien salaire.

Ajoutons que les petites miettes lancées aux retraités ont clairement pour but de les appaiser avant de lancer sa réforme des retraites à points qui sera catastrophique pour l'ensemble du salariat. Nous exigeons la retraite à 55 ans pour toute la population avec poursuite du meilleur salaire de la carrière, et la retraite à 1500€ net si le meilleur salaire de la carrière n'atteint pas ce chiffre.


2- ISF et CICE

Constatons ensuite que Macron ne rétablira pas l'ISF ni ne supprimera le CICE, qui nous coûtera 40 milliards cette année.
Il invoque le fait que faire des cadeaux à la grosse bourgeoisie l'inciterait à plus investir en France et donc à créer des emplois. Nous savons que cette stratégie ne fonctionne pas depuis quarante ans. L’échec du CICE le montre bien, avec seulement 150 000 emploies créés. Cela reviendrait à payer chaque emploi créé par le CICE environ 22 000€ par mois pour l’année 2018... Or les salaires versés par les employeurs sont évidemment beaucoup plus faible. Mais où donc est passé la différence ? Pour un salaire brut de 2000€/mois, cela ferait un taux d'exploitation de 1000 %... De quoi faire trembler la tombe de Marx. Plaisanterie mise à part, il est trivial qu'il eût été plus rentable de verser directement des salaires avec ces 40 milliards plutôt que de les offrir directement à la classe capitaliste.
Mais la macronnie continue dans son aveuglement obscurantiste à croire à cette fable du ruissellement. Les faits ont beau être têtus, la macronnie refuse d'admettre leur réalité. Nous savons parfaitement que payer directement des salaires dans des emplois publics est plus efficace que d'exonérer le patronnat de payer des cotisations, car le capital n'est pas productiviste, sa seule pulsion vitale est l'auto-valorisation du capital sans limites, toujours au détriment du travail vivant. Dans son stade ultime, le capitalisme n'est plus capable de libérer les forces productives et en est une entrave. Cela se manifeste par la désindustrialisation massive de la France, de la multiplication des travaux tous plus inutiles les uns que les autres, sinon même nuisibles, ainsi que la hausse constante du chômage structurel de masse indissociable du capitalisme.
En supprimant le CICE, nous pourrions par exemple embaucher plus de 1,5 millions de fonctionnaires à 2000€ brut par mois. Il est absolument faux d'affirmer que les fonctionnaires coûtent plus cher que l’emploi privé. D'abord, c'est une contradiction dans les termes de parler du "coût du travail" : les travailleurs ne coûtent pas, puisque c'est eux seuls qui produisent la valeur économique. C'est le cas des travailleurs du privé qui en plus de produire de la valeur économique, mettent en valeur du capital, mais c'est aussi le cas des travailleurs de la fonction publique, qui produisent de la valeur économique non marchande reconnue par prélèvement sur l'économie marchande via l'impôt et la cotisation, et comptée dans le PIB en additionnant les salaires des fonctionnaires. Seul le capital est oisif et coûte cher. C'est un vampire dont l'essence est d'aspirer la substance vitale du travail à partir d'accumulation morte de travail vivant déjà aspiré, et qui est d'autant plus assoiffé de substance vitale du travail qu'il grossit. Nous revendiquons que le produit du travail vivant reviennent aux travailleurs et non aux oisifs parasitaires : se passer des capitalistes et verser directement du salaire aux travailleurs qui, seuls, produisent.

Par ailleurs, Macron a peur que la grosse bourgeoisie fuie la France et craint que cela ne bloque toute la production française. C'est parce qu'il a une vision obsolète de l'économie. Si les capitalistes fuient la France, c'est une bonne nouvelle pour nous autres travailleurs. Nous n'avons pas besoin d'actionnaires, ni de prêteurs, ni de grands patrons, pour produire. Si les actionnaires ou les patrons veulent quitter le pays ou vendre leurs entreprises françaises, nous exigeons le droit de préhemption immédiate par les travailleurs eux-mêmes. De plus, nous revendiquons que seules les entreprises appartenant à leurs salariés aient droit aux marchés publics. L'avantage serait double : non seulement les travailleurs seraient motivés par leur travail concret et non pas seulement par leur salaire, puisqu'ils auraient la maîtrise de ce qui est produit, mais en plus, la production elle-même coûterait moins cher car il n'y aurait plus de parasites onéreux à payer : actionnaires, banquiers, grands patrons.
Les capitalistes ont besoin des travailleurs pour s'enrichir, mais les travailleurs n'ont pas besoin des capitalistes pour travailler.



3- SMIC et salariat

Ensuite, Macron a dit qu'il reconnaissait l'insuffisance du service public. Mais “en même temps”, il annonce que la hausse du SMIC ne coûtera pas un euro aux employeurs. Cela signifie que le salaire brut n'est pas augmenté et qu'une partie des cotisations sera supprimée et transférée dans le salaire net, donc notamment que les services publics associés à la santé, au chômage, et à la vieillesse, verront leur budget diminuer. Par conséquent la qualité de ces services publics va baisser, et pourra ainsi justifier leur privatisation, comme cela s'est déjà produit pour la téléphonie et la SNCF. Les 100€ gagnés dans le salaire net, il faudra les reverser immédiatement soit dans l'impôt, soit pour payer des compagnies privées qui se seront approprié les services publics que l'État ne pourra plus payer. Cette mesure donc, est au mieux inutile, mais en réalité rendra la production du service public beaucoup plus difficile. Car non seulement son budget sera diminué puisque le prélèvement immédiat sur l'économie marchande pour le service public à travers la cotisation salariale sera diminué, mais en plus les parties du service public concernées par ces cotisations verront une partie de la baisse des cotisations compensées par un versement des caisses de l'État, ce qui signifie que l'ensemble du service public verra son budget diminuer -- ou au mieux, payé directement par le contribuable par une hausse des impôts. Cela montre bien que la hausse du SMIC proposée par Macron n'est en aucun cas un avantage pour les classes populaires.

Il en va de même pour les primes promises aux bas salaires, qui "ne coûteront pas un euro aux employeurs". Elles seront donc encore une fois payées directement par le contribuable via l’impôt et non par le capital. D'abord, remarquons que, les primes n'ayant rien d'obligatoire, cela obligera les travailleurs à faire du zèle et à cirer les pompes de leurs employeurs pour que ceux-ci daignent leur céder quelques miettes supplémentaires à la fin de l'année, rendant au passage leurs collègues jaloux.

Globalement, toutes les mesures seront payées par les contribuables et non par le patronnat. C'est se bercer d'illusions que de croire que les mesures annoncées par Macron vont améliorer la condition de la classe travailleuse.

Nous revendiquons la hausse générale de tous les salaires bruts, ainsi que leur indexation sur le taux d'inflation. Nous exigeons également une baisse du temps de travail à 30h par semaine et 25h pour les métiers pénibles. Nous exigeons que les heures supplémentaires se voient accompagnées du double des cotisations des heures normales.

En plus de l'augmentation du salaire brut et net, nous exigeons une hausse du taux de cotisation pour renforcer le budget du service public.

Le salaire brut est le seul salaire qui, lorsqu'il augmente, améliore la condition de la classe travailleuse toute entière. Les cotisations reconnaissent par ailleurs la valeur économique non marchande de grandes productions comme la santé, qui ont commencé à instituer une pratique non capitaliste du travail, et qui fonctionne infiniment mieux que lorsqu'elle est privée. Le mécanisme qui rend ces secteurs efficace est la socialisation immédiate de la valeur à une grande échelle au moment où elle est produite, et marque les prémisses de la victoire à l'oeuvre du communisme, mouvement réel de l’abolition des rapports de production capitalistes existants et son remplacement par une production dont le caractère déjà largement social n’est pas aliéné par l’appropriation privée du travail. Le secteur de la santé est mille fois plus efficace lorsqu'il fonctionne de façon socialisée, sans actionnaires, sans prêteurs, sans patrons capitalistes, et sans gouvernement libéral pour le saboter.


4- L'arnaque de la défiscalisation des heures suplémentaire.

Macron nous a proposé de défiscaliser les heures suplémentaires. Une idée qui nous rappelera le bon vieux temps de Sarkozy, et son fameux "travailler plus pour gagner plus". Avec cette proposition, Macron nous dit que si on ne gagne pas assez pour vivre convenablement, nous n'avons qu'à faire des heures supplémentaires. Mais ce n'est pas ce que nous voulions. Nous voulions une augmentation générale des salaires.
Il y a pire : non seulement cette proposition ne correspond pas à nos attentes, mais de plus elle est une nouvelle attaque contre les plus pauvres.
En effet, quels seront les effets d'une telle mesure ? D'abord, du point de vue des travailleurs. Les salariés au SMIC pourront plus facilement compléter leurs revenus avec des heures supplémentaires, certes. Mais cela incitera également les patrons à moins embaucher, aggravant ainsi la précarité et le chômage et augmentant les effectifs de l'armée de réserve du prolétariat.
Du point de vue du patronnat maintenant. Certes, cette mesure est un petit coup de pouce aux PME, qui ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. Mais c'est surtout un énorme cadeau aux très grosses entreprises : TOTAL, RENAUD, etc... bref à la grosse bourgeoisie. Et ce gros cadeau aux gros bourgeois sera financé par la baisse des cotisations, c'est à dire par les hôpitaux et les retraites. Cela veut dire de nouvelles attaques contre les retraités et la santé dans les prochaines années.

Pour résumer, Macron nous dit "Je vous ai compris gilets jaunes, je vais prendre aux vieux et aux malades pour le donner aux riches." Avec cette proposition, Macron nous prend pour des abrutis, pour des illettrés, pour des moins que rien. Il prétend s'excuser, mais en vếrité il nous méprise toujours autant.

Obliger les salariés à travailler pendant des heures supplémentaires pour pouvoir vivre normalement intitutionnalise le grand nombre d'heures de travail dans l'entreprise. En plus de rendre la vie des travailleurs plus fatigante, cela augmente l'exploitation du travail vivant en allongeant le temps de travail. Avec la productivité actuelle, nous pourrions travailler beaucoup moins longtemps par semaine et subvenir aux besoins de tous : en effet, la France n'a jamais été aussi riche. Avec le développement présent des forces productives, rien ne justifie l'obligation des heures supplémentaires pour que les travailleurs puissent avoir une vie digne. Cela ne peut signifier qu'une chose : la classe bourgeoise s'approprie encore plus le produit du travail de la classe laborieuse que lorsqu'elle n'obligeait pas les travailleurs à recourir aux heures supplémentaires pour subvenir à leurs besoins.

Nous revendiquons la semaine de 30h et de 25h pour les métiers pénibles.


5- De la violence

Macron a commencé son discours en accusant les violences des manifestants. Il n'a jamais parlé de la violence de l'État ; il y a beaucoup plus de blessés et même de morts du côté des gilets jaunes que du côté de la police. Le rôle de l'État, lorsqu'il est contrôlé par la bourgeoisie, est de maintenir l'état des rapports de production capitaliste, quitte à user de violence. Du point de vue de la bourgeoisie, l'État détient le monopole de la violence légitime car il sert objectivement ses intérêts de classe. Cela peut être amené à se transformer si le prolétariat se saisit du pouvoir de l'État, comme ce fut le cas par exemple avec la Sécurité Sociale ou le droit du travail institué. Quoiqu'il en soit, l'État, lorsqu'il est contrôlé par la bourgeoisie, ne reconnaîtra jamais la violence révolutionnaire comme étant légitime. Mais surtout, la bourgeoisie ne parlera jamais de la violence instituée du capitalisme, de la misère qu'il engendre et des nombreuses morts qu'il provoque silencieusement. Lorsqu'un gros-bourgeois entre chez lui paisiblement et embrasse ses enfants dans son château, il a en réalité sur les mains beaucoup plus de sang qu'une personne désespérée qui prend les armes parce qu'elle n'a plus rien à perdre que ses chaînes.

Macron a dénoncé la violence des manifestants, mais qu'en est-il de la police qui est de plus en plus armée, qui n'hésite pas à tirer quasiment à bout portant avec des flashballs sur des manifestants pacifiques qui lèvent les mains ? Qu'en est-il des grenades lancées en cloche pendant les manifestations ? Qu'en est-il des blindés qui furent déployés à Paris ? Qu'en est-il du déploiement de l'artillerie légère samedi 8 décembre ? Lorsqu'on demande qui a été violent entre la police et les gilets jaunes, nous répondons sans hésiter : l'État dirigé par Macron.

Mais peut-être que ce qu'ils appellent "violence", c'est de venir avec une trousse de secours pendant les manifestations ? Depuis peu, le sérum physiologique, les masques à particules fines, ainsi que les lunettes de piscine, maigres protections face à la répression totalement abusive des forces de police surarmées, sont interdites dans les manifestations et peuvent désormais servir de prétexte à arrestation. Non seulement la police est violente, mais refuse que nous nous soignions lorsqu'elle nous aggresse -- souvent gratuitement et abusivement.

Nous exigeons la dépénalisation des moyens de protection élémentaires : les manifestants doivent être autorisés à porter des masques à gaz, des lunettes de protection, ainsi que des trousses de secours contenant notamment du sérum physiologique.
Nous exigeons de plus un désarmement de la police lors des manifestations : suppression du gaz lacrymogène (déjà interdit par l’ONU), suppression des grenades de toutes sortes, suppression des flashballs.


6- Légitimité de Macron

Macron a parlé de liberté dans son discours. La bourgeoisie adore parler de liberté quand elle ne concerne que sa classe et pas celle des travailleurs. Où est la liberté d'expression lorsque des milliers de manifestants n'ont pas eu le droit de se déplacer à Paris via des places de train qu'ils avaient payées sous prétexte qu'ils voulaient exprimer leurs opinions politiques ? Où est la liberté d'expression lorsque les centrales syndicales sont menacées de poursuites judiciaires par le gouvernement si elles appellent à rejoindre les revendications des gilets jaunes ? Où est la liberté du travailleur lorsque le manque de moyens matériels induit par la baisse des salaires pousse à la colère, à la violence, et parfois même au suicide ? La liberté que promet Macron n'est même plus celle du renard dans le poulailler, c'est celle du crocodile au milieu de poussins. La liberté du capitaliste d'exploiter à outrance un prolétariat enchaîné et muselé.

La véritable liberté viendra de la libération de la classe travailleuse, nous assisterons à la libération du travail de son carcan capitaliste, de la libération des forces productives grâce à la socialisation des moyens de production. Alors, la liberté sociale du travail se traduira par la liberté des individus producteurs conscients de la production sociale de leur existence. Cette liberté de la classe travailleuse est antagonique de la liberté bourgeoise proclamée par Macron, elle est irréconciliable. Alors se dévoile explicitement la lutte entre les deux classes aux intérêts contradictoires : bourgeoisie et prolétariat.

Élu dans un contexte inédit, nous assistons depuis plus d'un an au midi de l'hubris d'une classe dominante déboutonnée, violente et sûre d'elle même. Orgueilleuse, elle reconstruisit méthodiquement le récit d'une élection triomphale, faisant du vote du second tour la légitimité d'une politique qui avait justement produit ce second tour. Méprisante, elle multiplia les provocations, afficha fièrement sa suffisance. Cynique, elle commença le travail de destruction des conquis du travail assisté d'un régiment de députés petit-bourgeois, petit-patrons et membres du salariat d'encadrement. Jamais, cette classe odieuse n'eut la sagesse, aprés cette présidentielle hors-norme de prendre la mesure de ce qui s'était passé. Jamais, elle n'a montré la moindre hésitation, la moindre remise en question. Elle poursuivi la même politique avec plus de violence encore. Nous en tirons les conséquences logiques : ce pouvoir est un ennemi des travailleurs. Là pour servir les interêts des siens, là pour augmenter les taux de profits des parasites capitalistes. Ce pouvoir n'est pas celui d'une conciliation de classe, ce pouvoir est celui de l'organisation bourgeoise contre le salariat.

Pour conclure, Macron n'a rien promis d'inédit, il a juste tiré des mesures de son programme qui sonnaient justes dans l'instant, mais qui en réalité sont fausses. Il a dit qu'il tirait sa légitimité de nous, ce qui confirme son aveuglement face à la colère populaire. Nous exigeons la démission de Macron, de son gouvernement, ainsi que de tous les députés du parti LREM.



Le mouvement des gilets jaunes ne doit surtout pas se laisser prendre par ces micro miettes en putréfaction que nous a promises Macron. Nous devons réagir à ce discours par une intensification et une radicalisation croissante du mouvement des gilets jaunes. Allons tous manifester le samedi 15 décembre !


jeudi 23 août 2018

Que faire ? Que lire ?

Biblio-vidéographie sur l'économie politique et la dialectique matérialiste et historique

Introduction
La question philosophique par excellence est : "que faire ?" Lorsque l'on débute son apprentissage de l'économie politique et de la dialectique, les questions corollaires qui suivent immédiatement sont :
Que lire ? Que visionner ? Et par quoi commencer ?
Ci-dessous nous essayons de développer une réponse pour s'initier à l'économie politique et à la dialectique. En ce qui concerne la dialectique, Dominique Mazuet, libraire de la librairie Tropiques, a déjà rédigé quelque chose de très intéressant que je vous invite à consulter.
Pour commencer sa formation à la dialectique ajoutons l'excellent livre d'introduction à la philosophie de Georges Politzer : Principes élémentaires de la philosophie, mais nous y reviendrons dans la section 2.
Cette vidéo-bibliographie commence par l'économie politique. Dominique Mazuet a préféré commencer par la dialectique. Mais cette notion délicate et assez subtile peut rebuter le débutant, aussi nous pensons qu'il est plus exaltant de commencer directement par la réponse : le salaire à vie. Cela fixe le cap, et, en bon dialecticiens, nous énonçons d'abord la réponse et nous faisons la démonstration à l'envers. Le concept posé (positivement) en appelle un autre, qui lui-même renvoie à autre chose. Ainsi se déploie la pensée dialectique ; ce n'est pas un mouvement linéaire du même au même, mais un mouvement spiralaire de l'autre à l'autre, de telle sorte que l'esprit se déploie jusqu'à la totalité. En particulier, une fois la réponse du salaire à vie a été posée, nous en approfondissons les mécanismes. D'abord, par l'étude des travaux de Bernard Friot. Ensuite, des sources de Bernard Friot : l'économie politique de Marx. Enfin, par la méthode de Marx qui lui a permis d'être si perspicace : la dialectique hégélienne. C'est ainsi que nous avons développé cette biblio-vidéographie, mais libre à vous de tout consulter dans le désordre selon votre sensibilité philosophique et politique. Le premier but de cette vidéo-bibliographie est d'offrir un panorama dans lequel vous pouvez piocher en ayant un bref aperçu préalable de ce que vous allez consommer.
Notez que cette biblio-vidéographie est vouée à évoluer selon les discussions et découvertes des bipèdes ailés. Des mises à jour sont à prévoir. 


1- Économie politique
    
Voici une liste de séminaires qui permettent d'avoir un aperçu du travail de Bernard Friot.  En termes de lecture : pour commencer, la lecture de Émanciper le travail est une bonne approche. Pour approfondir, nous conseillons vivement la lecture de L'enjeu du salaire. Le glossaire placé à la fin de l'ouvrage est providentiel. Nul besoin de regarder l'intégralité des séminaires. Pour commencer nous conseillons en priorité la vidéo d'Usul, le séminaire qui suit juste après, ainsi que le premier volume du séminaire en 7 épisodes placé juste avant la fin de cette section ( " Introduction : tour d'horizon des concepts fondamentaux, et notamment une définition très intéressante du communisme" ). 
Il faut aussi absolument lire salaire, prix, profits de Marx. Ce petit livre de moins de cent pages est un condensé de théorie de la valeur économique et ces quelques pages permettent de s'épargner des tétrachiées de conneries (comme la plupart des vidéos d'Usul). La clarté, la simplicité d'exposition, et la concision de cet ouvrage sont incroyables. La fin s'ouvre sur une contradiction apparente entre Marx et Friot : Marx revendique l'abolition du salariat alors que Friot en revendique l'avènement... Cette contradiction ne peut se comprendre qu'en s'initiant à une méthode philosophique : la dialectique matérialiste et historique. Cela constitue la deuxième section.
Une fois cette propédeutique accomplie il vous sera possible d'attaquer Le Capital.

    La vidéo d'Usul. Il est bien de commencer par là mais il ne faut surtout pas s'y arrêter. Cette vidéo présente brièvement les travaux de Bernard Friot et remet en question ce qu'on appelle usuellement "travail" (sans pour autant donner une réponse précise).
    Le travail est enfermé idéologiquement dans le carcan capitaliste si bien que nous en avons une définition négative. Pourtant, au XXième siècle, la classe ouvrière a l'offensive a su initier les prémisses de l'émancipation du travail de la violence capitaliste. Dans cette vidéo, la réponse communiste est posée : le salaire à vie. Il faut commencer par là pour avoir le cap pendant son éducation politique et philosophique.
Voici la vidéo (un peu plus de 30 minutes) : https://www.youtube.com/watch?v=uhg0SUYOXjw

    Dans ce séminaire, Bernard Friot raconte comment le mouvement ouvrier a posé quelques pierres de l'édifice communiste de 46 à 68. Il en déduit quelle est notre boussole pour étendre ces conquêtes. Il développe en énonçant deux propositions décisives pour abattre le capitalisme : 1- salaire à vie pour les 18-25 ans avec doublement des cotisations et 2- les marchés publics sont réservés aux entreprises qui appartiennent à leurs salariés. 
    La vidéo dure environ 2h : https://www.youtube.com/watch?v=c-2dgRQ2-bo
   
    Dans cette conférence gesticulée, Bernard Friot raconte comment il est passé de la posture "au service de la classe ouvrière victimisée" à la posture "à l'école d'une classe ouvrière victorieuse à l'offensive". (Durée = 3h)
La conférence gesticulée : 
Partie 1 https://www.youtube.com/watch?v=luKiWKmrtE8
    
    "Un projet révolutionnaire ne passe pas par un soutien aux pauvres" (3 minutes) : 
    Voici un excellent séminaire sur la laïcité En guise d'introduction, Bernard Friot interroge la notion de laïcité et en donne une définition qui subvertit totalement celle naïve qu'on apprend à l'école. 
    Dans ce séminaire, Bernard montre que le capitalisme est la nouvelle religion au service du pouvoir de l'État, et que la prétendue laïcité qui consiste à s'acharner sur des religions déjà en déclin est une mascarade qui ne sert qu'à dissimuler le capitalisme, seule religion qui pose réellement problème. 
    Le séminaire développe le capitalisme comme une religion à cinq dieux : le patrimoine engendre de la valeur économique, le marché du travail, nécessité du crédit pour financer l'investissement, la rentabilité de chaque procédure pour mesurer la valeur, que la sécurité sociale c'est de la solidarité et non de la production. Il faut que l'État se sépare de ces croyances pour conquérir la souveraineté populaire sur l'économie.  
Partie 1, séminaire (1h30) : https://www.youtube.com/watch?v=3vW8EoVUaEo
Partie 2, questions (40min) : https://www.youtube.com/watch?v=oIdzo2HpRYk

    Séminaire sur la fonction publique comme conquête communiste. Il est montré comment s'articule la valeur économique créée par les fonctionnaires et comment leur statut les libère de la violence capitaliste du marché du travail. : https://www.youtube.com/watch?v=msgQ6wrsp2k
    Séminaire-débat entre Bernard Friot et Jean-Marie Harribey sur la valeur (et les fonctionnaires en particulier) : https://www.youtube.com/watch?v=Qp_YbVWP6-w

    Entretien sur la parution de "Émanciper le travail" qui opère une synthèse des travaux de Bernard Friot : 1- l'histoire de la Sécurité sociale et des révolutionnaires de 1946 2- la contre-révolution capitaliste depuis les années 80 3- réponse communiste : le salaire à vie.
    Séminaire sur la classe révolutionnaire en construction. "Être révolutionnaire, c'est produire autrement que dans le mode de production capitaliste". : https://vimeo.com/207432267
    Sur les retraites et la notion de valeur économique : https://www.youtube.com/watch?v=JbsOo95gPBA
    Baisse tendantielle du taux de profit : https://www.youtube.com/watch?v=lxVo1DX6Ko4
    Livres de Bernard Friot
                        Puissance du salariat
                        L'enjeu des retraites
                        L'enjeu du Salaire
                        Émanciper le travail
                        Vaincre Macron
          Quelques articles intéressants https://sites.google.com/site/bertrandbonyreseausalariat/
    Intervention à la FI : Bernard Friot expose ses idées à des militants de la FI.  https://www.youtube.com/watch?v=zqofNMYIlb4
                        
    Entretiens avec Bernard Friot qui précède la publication de "Émanciper le travail".
    
    Séminaires de Bernard Friot sur le thème : "droits économiques comme attributs des personnes".
1- Introduction : tour d'horizon des concepts fondamentaux, et notamment une définition très intéressante du communisme : https://www.youtube.com/watch?v=5JV0BbCrecA
2- L'enjeu anthropologique du travail comme attribut des personnes https://www.youtube.com/watch?v=VDVgNfN9PvY
3- Le crédit, outil de chantage du capital :  https://www.youtube.com/watch?v=cGNfHvJ0LM0
4- Salaire continué ou revenu différé ? https://www.youtube.com/watch?v=a-kSP0g0UL4
5- Droits aux ressources vs. salaire : https://www.youtube.com/watch?v=toE1HA6E4AE
6- Quelle réponse communiste aux droits proposés par les capitalistes : https://www.youtube.com/watch?v=G2Hag4Wwxzw
7- Réponse à des contradicteurs : première partie : https://www.youtube.com/watch?v=ABNoWW2TNcc
deuxième partie : https://www.youtube.com/watch?v=aFxv88XEqB8

Sur l'économie politique, causerie avec Dominique Pagani sur la théorie économique de Marx :
         Marx plage https://www.youtube.com/watch?v=9jZK_U_pZo8
                              https://www.youtube.com/watch?v=t59qBSzcpiw
En guise de transition : 
         Pagani vs. Friot : le choc des titans https://www.youtube.com/watch?v=be7kXbXgGE4

 2- Philosophie dialectique, matérialiste et historique
         
Pour commencer la philosophie et la dialectique en lecture, il est conseillé de commencer par :  Politzer, Principes élémentaires de la philosophie. Ce livre est disponible aux éditions Delga.
Ce petit livre est une excellente introduction aux concepts de base de la philosophie. L'opposition entre l'idéalisme et le matérialisme est exposée de façon très claire et concise. Ensuite, sont mises en opposition la métaphysique et la dialectique. La métaphysique est une méthode fixiste qui considère la réalité comme quelque chose de figé éternellement avec des vérités éternelles. La dialectique au contraire, conçoit le monde comme un système dynamique avec lequel nous entrons en interaction et en contradiction. La dialectique pense la contradiction et montre comment une chose peut se transformer en son contraire, et comment les forces contradictoires peuvent engendrer des mouvements, par exemples des révolutions sociales.

Ici suivent des séminaires magistraux sur la dialectique de Hegel, sur laquelle s'est beaucoup appuyé Marx. Bernard Bourgeois est sans doute le plus grand spécialiste français sur Hegel, et à la fin de ces séminaires, il entre en débat contre des marxistes. Ces séminaires sont très denses mais passionnants.
Bernard Bourgeois : effectivité, concept, dialectique, politique, liberté (Hegel)
    Dominique Pagani
         Art et matérialisme. Dans cette discussion avec Loïc Chaigneau, Dominique Pagani expose les notions hégéliennes d'esthétique et de moment dialectique. https://www.youtube.com/watch?v=APNGsPsNkb8

Dans cette série de séminaires, Dominique Pagani expose la phénoménologie de l'esprit, ouvrage important de Hegel. L'accent est mis sur la méthode de Hegel, car la méthode dialectique est en adéquation avec la dialectique déjà présente dans la nature. 

        Cours de philosophie : l"odyssée du philosophe. Dans cette saga de cours de philosophie, Dominique Pagani interroge la notion même de philosophie et nous invite à la découvrir à travers une "odyssée" où l'on est amené à découvrir les grands philosophes qui ont résonné avec l'histoire. Cette odyssée part de Platon et court jusqu'à l'histoire du présent. Dominique Pagani y déploie lentement le concept, comme dirait Hegel.
Entre crise et guerre : philosopher.
Première saga
Deuxième saga
D'Ulysse à Dédale
Musique de l'histoire
https://www.youtube.com/watch?v=IfhWw5tbXNEL'histoire est-elle une matière ?
https://www.youtube.com/watch?v=ol1FfqbWb6Y
Le beau s'apprend-il ?
https://www.youtube.com/watch?v=ETJbebdab7Y
Sur Marx : critique de l'écologie.
https://www.youtube.com/watch?v=PoFWe44GdwI
Travail et droit du travail
https://www.youtube.com/watch?v=c6iQ2owuLeI
Abécédaire philosophique :
https://www.youtube.com/watch?v=V9yXLoVuPe8&list=PLoDK9ZKTOO-_7gu__URMsYimxWc0Pr7SJ


  Conférence de Jean Salem sur le matérialisme : https://vimeo.com/120182201 cette conférence montre de quel matérialisme s'est inspiré Marx.
                
                Pour finir sur la dialectique, l'économie politique et la libération, les bipèdes ont déjà écrit un petit article qui synthétise tout cela : "liberté égale libération". Cela vous épargnera des dizaines d'heures de visionnage si vous manquez de temps.



Sur l'éducation populaire
    La conférence gesticulée de Franck Lepage. Dans cette conférence, Franck Lepage raconte comment le ministère de la Culture est né, en opposition avec la notion même d'éducation populaire. De telle sorte qu'à présent, seules des associations avec quelques salariés qui crèvent de faim ou qui fonctionnent par bénévolat opèrent de l'éducation populaire politique. À présent, dès lors qu'on prononce "culture", on pense directement à l'art (contemporain si possible) officiel subventionné par l'État ou par mécennat, et on oublie que la culture est aussi politique, économique, et populaire.

Dans cette conférence, Franck Lepage montre comment le système scolaire reproduit les classes sociales en prétendant donner à tous "l'égalité des chances". Malgré cela, il avertit que le peu qui reste de ce système éducatif va bientôt être détruit par la privatisation et deviendra encore pire.
    Inculture (2) (4h) : https://www.youtube.com/watch?v=ClYAjeiuVJw

    Atelier de désintoxication de la langue de bois : https://www.youtube.com/watch?v=8oSIq5mxhv8
    Petite liste d'exemples de "faux amis" : https://www.youtube.com/watch?v=Bd0BHbAjIms
    L'entretien complet : https://www.youtube.com/watch?v=zVhdg3kXBCo